dimanche 14 juin 2015

Ostéopathie et grossesse

Peut-on aller chez l'ostéopathe enceinte ?

Certains ostéopathes sont équipés pour traiter des femmes enceintes mais c'est un sujet délicat même dans les premiers mois de grossesse durant lesquels l'ostéopathe ou le chiropracteur peut très bien ne pas se rendre compte de la grossesse de sa patiente.

Certaines manipulations deviennent interdites et passé un stade, il faut souvent un plan percé pour éviter les pressions indésirables.

En tout état de cause, surtout pendant la grossesse, consulter un médecin pour obtenir un certificat de traitement précis

Sur quoi agit l'osteopathie ?

Peu d’études scientifiques ont évalué l’efficacité propre de l’ostéopathie.

Il existe quatre revues Cochrane en rapport avec l'ostéopathie.

La plus récente a étudié les traitements contres les douleurs pelviennes et les lombalgies lors des grossesses. Cette revue n'a identifié qu'une seule étude clinique évaluant le traitement ostéopathique. Cette dernière n'a pas pu montrer de bénéfice comparativement aux traitements habituels ou aux "faux" ultrasons. Il existe donc une évidence faible du manque de bénéfice du traitement ostéopathique pour les lombalgies liées aux grossesses.

La deuxième concerne la physiothérapie thoracique et les pneumonies. Cette revue a identifié deux études cliniques évaluant l'effet d'un traitement ostéopathique. L'ostéopathie n'a eu aucun effet sur la mortalité ni sur le taux de rétablissement. Elle a cependant diminué le temps de séjour en milieu hospitalier et la durée des traitements antibiotiques. Il existe donc une évidence faible du bénéfice du traitement ostéopathique sur la pneumonie.

La troisième est sur l'efficacité de la thérapie manuelle sur les coliques infantiles. Cette revue montre qu'un traitement ostéopathique engendre une diminution de la durée des pleurs d'en moyenne une heure par jour. Il est cependant impossible de savoir si cette effet est spécifique au traitement ou résulte de la prise en charge dans son ensemble. Il existe une évidence modérée du bénéfice de l'ostéopathie sur les coliques infantiles.

La quatrième revue a étudié l'efficacité de la thérapie manuelle sur l'asthme. Cette revue a identifié trois études cliniques randomisées dont aucune ne comportait un traitement ostéopathique. Il n'existe aucune évidence en ce qui concerne l'efficacité ou l'inefficacité de l'ostéopathie sur l'asthme.

Une étude publiée dans The New England Journal of Medicine et reprise par le Quotidien du médecin français, étudie l’efficacité des traitements ostéopathiques dans les cas de lombalgie subaiguë (patients souffrant depuis plus de trois semaines mais moins de six mois). Les deux groupes (un bénéficiant d’une thérapie standard et l’autre de l’ostéopathie) ont évolué de la même façon. Le groupe bénéficiant de l’ostéopathie a consommé moins de médicaments et a utilisé moins de thérapie physique, mais rien ne montre qu’un tel résultat n’ait pu être obtenu sans ostéopathie.

Les livres sur l'ostéopathie

Sélection de livres sur l'ostéopathie

Auquier O, Corriat P. L'ostéopathie, Comment ça marche? - Bases historiques, conceptuelles et techniques, Éditions Frison-Roche, France, 2000.
Ostéopathes tous deux, les auteurs décrivent clairement le processus qui se met en branle lorsqu'on se blesse et expliquent le mode d'intervention de l'ostéopathie, avec une section concernant spécifiquement les blessures sportives.

Le Corre François, Toffaloni Serge. L'ostéopathie, Presses Universitaires de France, collection Que sais-je? No. 3139, 1996.
Un excellent survol de la méthode, y compris des développements survenus au XXe siècle.

Tempelhof Siegbert. Ostéopathie - Pour se libérer en douceur de la douleur, Vigot, France, 2003.
Une plaquette qui offre un tour d'horizon de la pratique, en plus d'exercices inspirés par l'ostéopathie.

Solano Raymond. Ostéopathie pour les bébés, Éditions Sully, France, 2003.
Souvent recommandé par les sites spécialisés, ce livre (une réédition) explique aux nouveaux parents (et aux professionnels de la santé) comment l'ostéopathie peut réduire les séquelles des tensions musculo-osseuses subies à la naissance et soigner plusieurs malaises courants dans les premiers mois de la vie.

Tricot Pierre. Ce qui marche, ce qui ne marche en ostéopathie, Éditions Josette, France, 2003.
Un portrait nuancé, comme l'indique le titre, écrit par un praticien de longue date, notamment traducteur des principaux ouvrages d'Andrew Taylor Still, le père de l’ostéopathie.

Qu'est ce qu'une séance d'ostéopathie ?

L'ostéopathie s'ajuste en fonction de chaque patient. Selon le type de douleur, sa localisation et sa fréquence, selon la rigidité des tissus, leur chaleur et leur capacité à bouger, le praticien pourra déterminer si le problème est d'origine organique, inflammatoire, traumatique, osseuse, ligamentaire ou musculaire. Les traitements ne seront pas les mêmes pour un enfant ou un sportif, une personne anxieuse ou un accidenté, etc.

Une séance en ostéopathie dure généralement de 50 à 60 minutes. Selon le cas, le sujet demeure habillé ou est en sous-vêtements. Il peut être couché (dos, ventre, côté), assis ou debout, parfois dans des postures inhabituelles. Il pourra avoir l'impression d'être « tordu dans tous les sens » ou, au contraire, à peine ressentir les mouvements lents et de petite amplitude du praticien.

En moyenne, un traitement comprendra de 4 à 6 séances, à des intervalles de 1 à 3 semaines. On peut ressentir des courbatures pendant quelques jours après les traitements. Selon le type de problème, il arrive que l'ostéopathe donne des exercices à poursuivre à la maison.

Plusieurs programmes d'assurances personnelles ou collectives remboursent en totalité ou en partie les frais liés à ces traitements.